Rue de la Laine, le blog

06 février 2017

Ma boîte préférée

Décembre

En décembre dernier, j’ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin un thème de filage un peu ludique.

J’ai commencé par leur rappeler une observation que l’on fait souvent en période de fêtes : pour les enfants d’un certain âge (mettons de deux à quatre ou cinq ans environ), inutile de trop se casser la tête à la recherche du cadeau parfait, car ils vont surtout s’amuser avec l’emballage. Eh oui, on en a vu des tableaux d’éveil laissés de côté pour un temps pendant que le petit s’amusait avec le beau papier qui fait tellement de bruit quand on le froisse ou qu’on le déchire… sans oublier, bien sûr, les bolducs dorés ou frisottés d’un habile coup de ciseaux.

Sans aller jusque-là, moi, je suis très sensible aux emballages, au packaging et surtout aux jolies boîtes. Si vous voulez me vendre des biscuits à la cannelle alors que j’ai horreur de ça, placez-les dans une jolie boîte en fer-blanc rétro et je sors mon porte-monnaie !!

Comme c’était l’époque des boîtes de toutes les couleurs et de toutes les tailles amoncelées sous le sapin, je leur ai suggéré de se pencher sur ce thème pour filer un écheveau qui tiendrait tout juste dans la boîte dont il serait inspiré : “Vous n’avez pas le temps ? Choisissez une boîte de pastilles ! Vous avez prévu de vous tricoter un pull avec ? Prenez carrément un carton à chapeaux… Il y a forcément chez vous une jolie petite boîte qui vous plaît, boîte de bonbons ou de chocolats, boîte à gâteaux ou à thé, luxueux emballage de parfum ou même écrin à bijoux. Cherchez à reproduire ses couleurs, sa texture, ses motifs, que sais-je. Évaluez la juste quantité de fibres – attention, les fibres “foisonnent” : l’écheveau terminé occupera moins de place que les fibres qui le composent quand elles volent en liberté. Puis filez, retordez si c’est prévu, rangez l’écheveau dans la boîte et prenez une jolie photo !”

Pour ma part, j’ai joué sur le côté festif des fêtes de fin d’année en essayant de faire des compromis avec un planning chargé et j’ai donc choisi une toute petite boîte !! Mais l’exercice était tellement amusant que j’ai eu envie de m’y prêter à nouveau et d’en faire la base d’une nouvelle collection d’écheveaux.

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28 janvier 2017

Un collier

Janvier 7

Les fêtes sont passées, avec leur lot de clinquant et de paillettes. Pour la Saint-Sylvestre, vous vous êtes peut-être mis(es) sur votre 31 (c’était de circonstance…). Moi, ma faiblesse, ce sont les beaux bijoux ; je ne suis pas très sensible aux matières précieuses mais j’adore les pièces artisanales soignées, surtout les perles au chalumeau.

Du coup, j'ai proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin de créer un écheveau qui puisse être porté comme un collier !

Moi, je suis partie de très belles perles au chalumeau signées Catherine Gendreu, auxquelles j’ai ajouté quelques autres perles de différents formats tirées de mes divers sacs à malice… Puis j’ai cardé des rolags de laine et soie pour aller avec. Je voulais que les perles ressortent bien donc je suis volontairement restée dans des tons pastel.

Janvier 1

Janvier 2

Janvier 3

Janvier 5

J’ai enfilé les plus grosses perles sur des mèches individuelles de laine pour les inclure lors du filage du premier brin ; pour ce qui est des perles de rocaille, je les enfilais directement sur le fil au fur et à mesure.

Janvier 4

Ensuite, pour obtenir de la texture, j’ai fait successivement deux retors navajo et un retors andin, ce qui m’a donné un métrage permettant d’enrouler le fil trois fois autour du cou, façon sautoir. C’est le léger excès de torsion donné pendant le dernier retors qui fait s’enrouler le fil sur lui-même.

Janvier 6

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19 janvier 2017

Mon livre de chevet

12-Décembre 1

J’ai pris beaucoup de plaisir, tout au long de 2016, à travailler sur ma collection d’écheveaux “Mon livre de chevet”. J’adore les livres. Pas seulement parce qu’ils sont la base de mon premier job : j’adore lire, tout simplement.

Je me souviens du premier livre que j’ai lu d’une façon incroyablement précise, qui m’étonnera toujours compte tenu du peu de souvenirs que je garde de ma petite enfance. Ce jour-là, j’étais vraiment malade au point de ne pas pouvoir me lever et je m’ennuyais terriblement ; ma mère s’est prise de pitié et bien que je sache à peine lire, elle est allée à la bibliothèque et m’en a ramené un livre de la Bibliothèque rose, un “Oui-Oui” (!). Je l’ai dévoré dans la journée et elle a dû faire quelques allers-retours à la bibliothèque dans les jours qui ont suivi… Je me souviens bien de cette chambre un peu calfeutrée, des rideaux à moitié tirés, des draps froissés, et de ce plaisir incroyable de voyager dans le temps, dans l’espace et dans la réalité à travers le bruissement des pages tournées. De cette faculté qu’ont les livres de nous extraire des mauvais jours, ou tout au moins des heures que l’on aimerait voir passer plus vite. Je ne l’oublierai jamais. Mais il y a pas mal d’années que je ne feuillette plus d’aventures de Oui-Oui…

J’ai toujours adoré lire Stephen King, et ce n’est qu’une coïncidence qu’une série très prometteuse créée à partir d’un de ses excellents romans soit diffusée à la télévision aujourd’hui : je ne pouvais finir ma collection sans avoir choisi une de ses œuvres. Le fil est prêt depuis longtemps, j’attendais juste que le soleil revienne nous visiter pour pouvoir enfin le photographier (non, je n’aime pas prendre des clichés en lumière artificielle et, oui, je sais que je ne serai jamais une pro dans ce domaine, mais je dors quand même très bien la nuit… même après avoir lu du King ! ;-).

Pourquoi 22/11/63 ? Si je vous disais que j’ai choisi les couleurs de la couverture, ce ne serait pas 100% une boutade superficielle. Je ne pourrai jamais dire quel est mon King préféré car ça change tout le temps, selon l’époque de ma vie, selon mon humeur du jour. Aucune de ses œuvres ne mérite d’être reniée, même si je ne relis plus certaines d’entre elles qui appartiennent plutôt à ma période adolescente/jeune adulte (dit la fille qui a décidé de tout relire l’année dernière pour je ne sais quelle raison…). Je raffole par exemple d’un roman dont on a très peu parlé, Duma Key : il a déclenché en moi une formidable pulsion créatrice.

Quand j’ose dire que j’adore Stephen King, je vois beaucoup de gens prendre un air pincé, genre “Oh-ça-si-c’est-pas-de-la-sous-culture-pire-que-le-Mc-Do…” Facile de repérer ceux qui n’ont jamais eu l’occasion de lire un très bon Stephen King – ou qui n’en ont jamais lu du tout – et qui commettent l’erreur de juger autrui sur ses goûts culturels, ou ce qu’ils croient en connaître. Fut un temps où (j’avais du temps à perdre et) je montais au créneau pour sauver mon auteur favori, suggérant de lire “au moins Misery !” (on sait jamais, s’ils ont vu le film, cela leur fera peut-être plaisir de découvrir l’autre moitié de l’histoire)… Mais aujourd’hui je suis une vieille dame égoïste et je hausse les épaules en pensant “Hé hé, vous avez raison, n’y touchez pas, ça en fera plus pour moi.”

En tout cas, chaque matin de fête des Mères, je savoure ma première tasse de thé dans mon lit en attendant impatiemment le bisou de mes chéris et leur cadeau – un King tout beau, tout neuf, acheté avec leurs petites économies (à moins qu’ils aient tout bâfré à la pâtisserie et braqué leur pâte tendre de père) que je vais peut-être dévorer tout de suite, que je vais peut-être héroïquement mettre de côté pour le savourer au bord d’une piscine (si possible), pendant les vacances.

Je ne vais donc pas essayer de vous persuader de lire Stephen King, surtout pas si vous faites partie de ceux qui le prennent pour un fanatique de morts-vivants ou d’extraterrestres destructeurs. Je ne vais pas vous expliquer qu’il ne parle que d’humanité, que c’est un des meilleurs créateurs (oh, il n’aimerait pas ce mot !) de personnages1 qui soient, etc. Mais si vous voulez, vous pouvez ignorer son talent et tricoter un fil en laine douce… parsemée d’un peu de rouge ici et là.

1. Et pourtant, quel affreux jojo, il a le chic pour vous entraîner dans la vie d’un personnage et vous sortir soudainement une phrase du genre “Elle retira la cigarette à demi consumée du porte-cigarette, ses doigts déformés faisant preuve d’une étonnante dextérité […] Je me suis demandé depuis – je sais, c’est morbide, mais je me le suis demandé – si elle l’aurait fumée jusqu’au bout, sachant que ce serait la dernière.” Un petit plaisir sadique dont ma fille et moi raffolons honteusement. Je vous jure que je suis incapable d’expliquer pourquoi. Il est bien loin, Oui-Oui !

12-Décembre 2

“J’ai fait ce qu’il me demandait, avec le sentiment d’être le plus grand corniaud de la terre. Un pas… en baissant la tête pour éviter de frotter contre le plafond en aluminium… deux pas… les genoux fléchis maintenant. Encore quelques pas et je devrais me mettre à genoux. Ce que je n’avais aucune intention de faire, requête de mourant ou pas.

— Al, c’est ridicule. Sauf si tu veux que je te rapporte un carton de fruits au sirop ou un de ces petits paquets de gelée, je ne vois pas ce que je viens faire i…

C’est là que j’ai senti mon pied s’enfoncer, exactement comme quand on descend une marche sans s’y attendre. Sauf que mon pied était toujours posé à plat sur le sol en linoléum gris foncé. Je le voyais.

— Tu y es, a dit Al.

Sa voix n’était plus rocailleuse, du mois temporairement ; elle était veloutée de satisfaction.

— Tu l’as trouvé, copain.

Mais j’avais trouvé quoi ? J’étais en train d’expérimenter quoi exactement ?”

Stephen King, 22/11/63

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14 décembre 2016

Noël blanc sur Ouessant

Novembre 3

Brr, le temps s’est bien rafraîchi, c’est de saison ! J’ai donc proposé aux fileuses et fileurs du forum Tricotin, ce mois-ci, le thème “Bien au chaud”. Je leur ai demandé comment ils s’y prenaient pour faire un fil bien chaud, à s’enrouler autour du cou en écharpe ou en col moelleux, ou dans lequel tricoter le “shrug” destiné à nous protéger des courants d’air.

On dit que les fils “woolen” sont les plus chauds car ils captent beaucoup d’air. Pourtant, on file rarement un vrai fil “woolen”. La recette consacrée : utiliser des fibres cardées en rolag et les filer en long draw sans les lisser ni les surtordre. Le fil obtenu sera plus fragile car il aura tendance à boulocher, certes, mais il sera plus léger et plus moelleux. Ply Magazine a consacré tout un numéro à cette technique.

C’est ce que j’ai voulu essayer de faire. J’ai donc cardé mes fibres (en ajoutant des bouloches de coton pour faire la “neige” et rester dans le thème…) et j’ai roulé les nappes pour faire une sorte de rolag géant que je comptais étirer depuis le bout. Mais ce n’était pas très pratique, donc je me suis contentée d’en arracher des poignées que j’ai filées sur le pli en long draw. J’ai ensuite retordu le fil sur lui-même (les bouloches de coton ne sont pas toutes restées dedans, comme c’est souvent le cas, donc il y avait de la fausse neige un peu partout par terre dans mon atelier, ce qui a beaucoup fait rire le passeur d’aspirateur), et voilà “Noël blanc sur Ouessant” !

Novembre 1

Novembre 2

Novembre 4

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08 décembre 2016

Venez me voir au marché de Noël de Vanves !

Village des Terroirs de Vanves - Affiche

À tous les passionnés de fibres de région parisienne, je propose de venir faire un tour au marché de Noël de Vanves, qui réunit chaque année producteurs de terroirs et créateurs artisans pour que chacun puisse faire ses achats festifs, cadeaux et bonne bouffe étant naturellement à l’honneur. Autour de tout ce petit monde, tours en calèches, animations et concerts, le tout gratuit.

Voici les horaires :

– vendredi 9 : de 15h à 20h30 ;

– samedi 10 : 10h à 20h30 ;

– dimanche 11 : de 10h à 18h.

Pour télécharger le programme, cliquez ici.

Cette année, on m’a même proposé d’animer un café tricot ! Il aura lieu au Café des Saveurs de 15h30 à 16h30, le samedi 10 et le dimanche 11 décembre. N’hésitez pas à venir montrer vos ouvrages et faire prendre l’air à vos aiguilles… Naturellement, à ces horaires, vous ne me trouverez pas sur le stand. Mais vous pourrez tout de même venir y découvrir les dernières créations que je vous ai montrées sur ce blog au cours des dernières semaines…

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06 décembre 2016

Toute fine, toute légère…

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… non, ce n’est pas de moi que je parle :-D ! Mais de l’écharpe que je viens de terminer avec la soie de mawatas filée lors de mon dernier marché.

En fait, même avec le peigne 60/10 que j’attendais impatiemment de pouvoir étrenner, le fil était encore trop fin, ce qui m’a permis de tisser une véritable gaze de soie, un petit bonheur de luxe et de douceur. Elle ne pèse qu’une soixantaine de grammes, bien qu’elle fasse ses deux mètres de long, et n’a utilisé que la moitié de la pelote… Je suis en pleine réflexion, vous vous en doutez, au sujet de ce que je vais faire de l’autre moitié.

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Je me suis demandé avec Chantal, qui s’étonnait de sa finesse, si elle passerait à travers une bague, comme les fameux pashminas ou encore les châles orenbourg qui doivent passer à travers un anneau de mariage. Eh bien, oui, la preuve en image, elle y passe, et au large encore !

Vous le voyez, en ce moment, je suis totalement dans l’inspiration “Noël blanc”…

 

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01 décembre 2016

Mon livre de chevet

11-Novembre 1

D’accord, d’accord, il n’est pas vraiment sur ma table de chevet. Il est sur mon bureau. Et je m’en sers très souvent, car il a réponse à tout ou presque… même s’il est parfois horripilant quand je mets un temps fou à trouver dans laquelle de ses 1600 pages il traite du sujet qui m’intéresse – par exemple si on accorde ou pas tel passé composé dans un emploi bien spécifique – et qu’il me dit que “on peut écrire les deux”. Argh ! ;-) Certes, une consultation du Grevisse (ce n’est pas son titre, c’est vrai, mais c’est comme ça qu’on l’appelle entre nous), ce n’est jamais rapide, et en plus il pèse son poids (plus de deux kilos et demi, si vous vous posiez la question). Pourtant, avouez qu’en plus de représenter une faramineuse somme de connaissances sur la langue française, c’est un bel objet !

Je ne pouvais passer à côté de ce cher bouquin pour ma collection “Mon livre de chevet”. J’ai donc réalisé un écheveau jouant sur le blanc et le noir pour évoquer sa couverture, orné d’une cinquantaine de perles alphabet (sainte patience).

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29 novembre 2016

Bilan d’un marché parisien

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Me voici de retour du marché des créateurs des Champs-Élysées, dont j’ai eu parfois l’impression qu’il n’avait de “créateur” que le nom… En effet, le petit “village des créateurs” était noyé dans une grande fête foraine où les gens venaient manger des churros, boire du vin chaud et filmer leurs enfants sur les manèges. Une atmosphère très festive, mais qui ne poussait pas à admirer les créations minutieusement réalisées par les quelques artisans qui n’étaient pas en fait des revendeurs de bricoles.

Parmi ces derniers, j’ai tout de même eu le plaisir de faire la connaissance du sculpteur céramiste Benoist Lagarde (et aussi de faire quelques emplettes, hum ! je ne sais pas résister à un bel émail rouge…).

Et, si parmi les milliers de personnes venues du monde entier qui sont passées devant mon stand durant cette semaine, la plupart n’avaient certainement pas l’esprit à l’artisanat ou à la création, je ne saurais compter combien ont été étonnées ou émues par mon petit rouet qui a pédalé sans relâche, dix heures par jour ou presque. J’ai fait beaucoup de très belles rencontres et je ne saurais remercier assez tous ceux qui m’ont confié une bribe de leur histoire personnelle, évoqué un membre de leur famille, les pratiques d’antan de leur village ou de leur région. Ils m’ont touchée autant qu’ils l’ont été.

Merci donc aux ados qui ont sauté en l’air en jurant que c’était “trop stylé”. Merci aux vieilles dames qui m’ont raconté leurs longues heures de tissage, petites filles, dans un atelier portugais, ou qui ont évoqué la difficulté à redécouvrir le filage par nécessité, pendant la Seconde Guerre mondiales, alors qu’elles étaient adolescentes. Merci à ce monsieur moldave d’une suprême élégance qui a expliqué la fabrication des tapis dans son village. Merci à tous ces jeunes hommes fascinés par les roues et les courroies, que leurs amies essayaient d’entraîner à la force de leurs petits poignets vers les stands de bijouterie. Merci au garçon de café qui a mimé pour moi les gestes de sa grand-mère : le cardage et le filage au fuseau. Merci à tous ceux qui ont demandé mon autorisation avant de prendre des photos…

Pendant toutes ces rencontres enrichissantes, si mon cerveau était aux prises avec un anglais un poil rouillé à l’oral et des notions d’espagnol franchement décaties, mes mains et mes pieds, eux, ne chômaient pas ! Voici, en chiffres, les quatre écheveaux filés au cours de ces belles journées (j’ai réalisé les retors chez moi, en rentrant, et je vous donne là le temps total passé sur chaque écheveau) :

– laine et soie : 478 m pour 126 g, 12 heures de filage ;

– mawatas de soie : 1 408 m pour 123 g, 37 heures de filage ;

– laine et soie : 587 m pour 128 g, 16 heures de filage ;

– mérinos superwash : 160 m pour 102 g, 4 heures de filage.

J’ai tout filé en blanc car c’est plus visible lorsqu’on fait une démonstration, mais rien ne m’empêchera de me livrer à quelques exercices de teinture… L’écheveau de mawatas est déjà en cours de tissage, argh, le peigne 60/10 fraîchement reçu d’Ashford est encore trop gros ! Cela donne toutefois un effet “gaze” qui pourrait être très réussi. Mais j’aurais dû retordre ce fil trop fin en navajo, il aurait eu une plus jolie texture. À refaire…

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17 novembre 2016

Un peu de laine aux Champs…

Affiche 2

Dès demain, je serai présente sur les Champs-Élysées, sur un stand partagé avec l’association “Les Tisserins”. Nous participons en binôme au village des créateurs du célèbre marché de Noël qui s’installe chaque année sur la plus belle avenue du monde.

Comme vous le devinez, j’ai été très assidue devant mon métier à tisser, d’où quelques nouveautés exclusives qui ne sont pas en boutique… En voici quelques aperçus !

Je suis très fière de “Pure Nature”, une écharpe toute simple tissée en filé main laine et soie très fin. Grâce à la composition et au relief du fil, à la trame aérée du tissage, le toucher et le tomber sont vraiment réussis.

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Pour cette grande étole généreuse évoquant un ciel changeant, j’ai puisé dans tout ce que j’avais de bleu, notamment les écheveaux que j’avais réalisés pour mon étude sur les fleurs bleues.

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Il me restait un peu de bleu, alors j’ai réalisé cette écharpe “Glacier”, très moelleuse.

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Il me restait aussi beaucoup de fils du tissage réalisé pour couronner mon opération “Dix ans, dix cadeaux”, donc j’ai fait une seconde écharpe, plus dans les verts que dans les jaunes…

Venez voir (et toucher) tout ça sur les Champs-Élysées !

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06 novembre 2016

Le Lac des cygnes

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Le filage, c’est un art. Il ne fait pas partie de la sainte-famille des Beaux-Arts – l’architecture, la peinture, la sculpture et la gravure – qui est fixée dans le marbre depuis l’époque classique, et pourtant c’est un art. Disons qu’il appartient aujourd’hui au domaine des “arts appliqués”, même si nous ne nous sommes pas encore assez fait entendre pour entrer dans la famille des métiers d’art (ça viendra !).

La couleur, la texture, le geste technique, tout y est ; quant à l’inspiration, c’est bien ce dont nous parlons chaque mois dans la rubrique “Thème du mois” du forum Tricotin. Mais je pense qu’un artiste qui ne s’intéresserait qu’à son art de prédilection – un chanteur lyrique qui ne se soucierait guère de littérature, un sculpteur qui ne visiterait pas les galeries de peinture, un danseur qui n’irait pas au théâtre – se limiterait dans son processus de création.

En tant que fileuse ou fileur, vous arrive-t-il de loucher sur les réalisations d’un maître de la Renaissance pour choisir une palette de couleurs, de rêver devant les courbes d’un Rodin, de chiper des outils ou des fournitures aux “collègues” : ses perles au joaillier, ses rouages à l’horloger, ses contrastes au photographe ?

Pour ma part, une fois n’est pas coutume, je me suis penchée sur le sixième art, en particulier la danse, sous l’égide de la muse Terpsichore. Cela étonnera sans doute les gens qui me connaissent car s’il y a bien un type de spectacle qui ne m’attire pas, c’est le ballet. Mais bon, j’ai vu Les Chaussons rouges, comme (presque) tout le monde (avant tout parce que j’avais été très émue à la lecture du conte d’Andersen et que j’adore la chanson éponyme signée Kate Bush [prenez le temps de regarder le joli clip ci-dessous])…

Kate Bush - The Red Shoes

… et aussi, bien sûr, Le Lac des  cygnes. Tout le monde en a entendu ou vu un passage, et on en voit des extraits dans le film Black Swan, avec une esthétique superbe.

BLACK SWAN - Official HD trailer

D’accord, d’accord, vous me voyez venir… ce qui me plaît dans le ballet, ce sont les costumes, bien sûr.

Voici donc mon cygne blanc et son inévitable corollaire, le cygne noir.

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Octobre 5

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