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Quand les temps sont tristes, durs, difficiles, désespérés, interminables, on se tourne vers ceux qu’on aime.

Pour nous, fileuses et fileurs, l’amitié se noue souvent sur la Toile, nous ne sommes pas si nombreux et ne vivons pas toujours les uns près des autres… Mais grâce à la “magie” du Web, chaque jour ou presque, il y a un petit mot, une petite photo, un échange. Pourtant, quoi de mieux que de se retrouver à deux, trois, dix ou quinze pour resserrer les liens de l’amitié ?

C’est ce qu’une poignée d’entre nous a pu faire cet été, en pleine chaleur, au bord d’une piscine qui fut la bienvenue. Depuis quelques jours, je chéris particulièrement ce souvenir radieux, alors j’ai laissé tous mes encours de côté pour attraper un certain sac de laine qui m’attendait sagement dans son petit panier.

À votre avis, que font une bande de fileuses qui se retrouvent après de longs mois, voire des années sans se voir ? Elles filent ? Bien sûr que non ! :-D Elles papotent, piapiatent, bavardent, échangent, s’exclament, s’extasient, bitchent un peu et rigolent beaucoup. Elles partagent leurs mets préférés, leurs boissons favorites, et ne voient pas le temps passer.

Nous n’avons pourtant pas oublié, ce jour-là, de sacrifier à un rituel venu d’outre-Atlantique : le sandwich.

Non, on n’a pas mangé des jambon-beurre ! J’ai plutôt un souvenir ému de certaines grillades de sanglier, d’une délicieuse quiche dont le chat nous avait heureusement laissé la plus grosse part, de salades, de délices venus du pays des mirabelles, et que sais-je…

Mais chacune avait apporté une petite dose de fibres que nous avons partagées en autant de portions qu’il y avait de participantes, afin que chacune puisse repartir avec un sac plein d’un mélange gaiement coloré symbolisant notre mixité, nos goûts différents et complémentaires.

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Quand je me retrouve avec ce genre de petit sac à merveilles, j’ai généralement le réflexe de passer un bon moment en compagnie de ma cardeuse, mais pas cette fois-ci. Le souvenir des discussions animées de cette journée, j’ai voulu le garder dans mon fil, le représenter au plus près. J’ai donc décidé de déchirer chaque mèche en une multitude de petits morceaux que j’ai filés les uns après les autres, alternant les couleurs au petit bonheur la chance, et j’ai obtenu une sorte de tranche napolitaine sur ma bobine. J’ai choisi d’en faire un retors navajo pour réaliser un écheveau que je pourrais baptiser “Conversation de fileuses”. Les couleurs se chevauchent sur quelques dizaines de centimètres, puis elles apparaissent unies avant de se mêler à la couleur suivante, parce que lorsque des fileuses papotent, nos voix font une sorte de danse, se recouvrant puis s’alternant, l’une domine, l’autre s’arrête et repart…

Techniquement, cela demande une certaine attention, je dois surveiller l’arrivée de la nouvelle couleur pour anticiper l’endroit où je commence la boucle suivante, afin de faire chevaucher les couleurs sur la longueur prévue. Parfaitement le genre d’exercice qui permet de chasser les idées noires d’un cerveau…

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Par discrétion, je ne cite pas les participantes à ce moment, et je les laisse en parler en commentaire si elles le souhaitent. Les filles, j’ai adoré ce moment, vous me manquez toutes. On recommence cet été ?