Pointillisme ou tachisme, que préférez-vous ? Quand je parle à des fileuses ou des fileurs, je sais que je parle généralement à des passionné(e)s de couleur… c’est pourquoi j’ai embêté les artistes en fibres du forum Tricotin, le mois dernier, au sujet de la difficulté que l’on peut avoir à réaliser des fils présentant des plages de couleurs très réduites (j’avais fait un essai à ce sujet dans les thèmes des mois de mars 2016 et août 2016), ou bien des fils tweedés ou mouchetés.

Mes écheveaux étaient prêts fin mars mais il y a eu par ici comme un bizarre petit tourbillon spatio-temporel qui s’appelle les “vacances”… (des autres !) et impossible de trouver un moment calme pour les photographier et prendre le temps de venir vous écrire une ligne. Enfin, me revoilà.

Comme beaucoup, j’ai voulu travailler sur ce côté tweedé sur lequel nous sommes si nombreux à achopper dans le domaine du filage.

En s’inspirant de ce thème, Midian a filé un beau fil en suivant la méthode de Grace Shalom Hopkins (dans son ouvrage Blend, page 100) pour réaliser des rolags tweedés, je l’avais aussi en ligne de mire (normal, on a les mêmes lectures ;-). J’envisageais également d’obtenir ce genre de résultat en cardant fibres longues et fibres courtes avec ma cardeuse, je n’arrive pas à me souvenir de l’endroit où j’avais repéré ce conseil.

Et enfin, Tine a partagé il y a peu sur son blog une vidéo proposant une autre façon de faire qui m’a tentée.

Au bout du compte, trois méthodes ! Vous me connaissez, ce n’est pas mon genre de réfléchir pour choisir la meilleure : en filage comme dans bien d’autres domaines, rien ne vaut l’expérimentation, donc je n’aime rien tant que multiplier les exercices et comparer le résultat.

Ainsi, ma démarche a été de séparer mes fibres (mérinos long en mèche dans des tons de verts, mérinos court rouge et orangé pour feutrage en nappe : je voulais reproduire un champ de coquelicots, un thème souvent traité en peinture) en trois parties afin de tester les trois méthodes.

Voici dans l’ordre les rolags, la nappe contenant des fibres longues et courtes, et la nappe ne contenant que des fibres longues, avec à côté les courtes que je voulais insérer dedans en utilisant la méthode partagée par Tine.

Mars 1

Et voici, toujours dans l’ordre, les écheveaux qui en résultent.

Mars 2

J’ai beau les retourner dans tous les sens, j’ai du mal à trouver une différence entre les deux premiers – celui réalisé avec les rolags et celui fait avec la nappe cardée.

En revanche, le troisième est nettement différent (et pas seulement parce qu’il est plus fin). Je trouve que les taches de couleur se rapprochent beaucoup plus de l’effet tweedé. Mais pas toutes : certaines sont clairement trop grosses. Ceci vient du fait que la technique n’est pas simple à maîtriser, elle demande de la concentration et de l’application, et pour tout dire je l’ai trouvée passablement épuisante (mais j’avais peut-être filé de longues heures ce jour-là)… donc si vous voulez l’essayer, commencez avec un petit écheveau et avec un fil pas trop fin. Cependant, je crois qu’avec l’habitude, on peut maîtriser ses effets comme si on posait des taches de couleur sur une toile, et là je me suis sentie en plein dans le thème :-)

Mars 3