Wildheart 2

Comme chaque mois, je devais, en février, proposer un thème de filage aux fileuses et fileurs du forum Tricotin. Cette fois, j’ai choisi de m’intéresser à l’élaboration d’un projet.

Il y a plusieurs façons d’aborder un moment de tissage. Le rouet ou le fuseau est là, avec sa bobine ou sa fusaïole vide. Que va-t-on faire ? Que veut-on faire ? Parfois – c’est en tout cas mon cas – on a besoin de filer juste pour filer, parce que c’est une détente, une méditation. On attrape des fibres dans notre stock, peut-être une jolie mèche teinte qu’on se sera offerte ou dont on nous aura fait cadeau, peut-être une poignée de fibres blanches qu’on teindra plus tard, ou juste notre couleur, notre matière préférée.

Mais parfois, on a un vrai projet. Tout est alors différent : est-ce un projet de tricot ou de crochet ? De tissage ? Un patron, un modèle qu’on a repéré et qu’on voudrait réaliser ? Ou qu’on veut créer de bout en bout ? Comment envisager la chose, choisir les fibres ou le mélange de fibres, la quantité à filer, le nombre de brins, etc. ?

Pour ma part, il y a un moment que je louchais sur le modèle de châle Wildheart, qui me semblait idéal, avec ses motifs ajourés tout simples, pour mettre en valeur un filé main. Quand j’ai proposé cette idée de projet, je n’avais pas encore, moi, de projet tout prêt, en revanche j’avais dans mon tiroir à trésors (bon… soyons honnête… dans un de mes tiroirs à trésors) une magnifique nappe dégradée réalisée et offerte par Midian, que je couvais des yeux depuis longtemps mais qui n’avait pas encore trouvé son projet idéal.

J’ai filé assez fin car je voulais retordre en navajo pour conserver le dégradé. Certes, j’aurais pu faire un single, mais bon, j’adore le navajo et je ne suis pas du genre à me priver d’un plaisir en matière de filage… Au final j’avais quand même un fil assez gros (440 mètres pour 150 grammes), mais qui semblait suffisant pour terminer le châle. De toute manière, l’auteur du châle Wildheart indique comment procéder si on a trop de fil ou pas assez, et ça, c’était un plus, car avec un écheveau dégradé, c’est idéal de pouvoir utiliser la totalité du fil.

J’ai eu beaucoup de plaisir à le tricoter, le relief du fil navajo était agréable sous les doigts et c’était un modèle facile. Pourtant, une maille est tombée, impossible à rattraper correctement, et après quelques tentatives j’ai dû défaire et refaire plusieurs rangs pour éviter une erreur assez visible… Mais je suis ravie de l’avoir fait, j’aurais moins aimé le châle si j’avais su qu’il y avait un trou plus gros quelque part, il m’aurait sauté aux yeux tout le temps.

Je vous disais avoir choisi ce châle car l’auteur expliquait comment procéder si on avait moins ou plus de fil que prévu ; j’étais finalement dans le second cas, puisque j’ai pu rajouter une douzaine de rangs au châle. Au final, il ne me reste que 3 mètres de fil, si bien que mon dégradé est intact !

Améthyste 1

Améthyste 2

Wildheart 1